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Retour à Veto the VetoUKR-06

La Corée du Sud disposait d’obus d’artillerie. Elle n’enverrait pas d’aide létale à l’Ukraine.

Le 28 octobre 2022, le président Yoon Suk-yeol a déclaré que la Corée du Sud avait fourni une aide humanitaire et d’autres soutiens non létaux à l’Ukraine, mais aucune arme létale. Il a rattaché cette position à la souveraineté et à la volonté de préserver les relations avec la Russie.

ÉtatUkraine
Systèmearmes létales sud-coréennes
Mécanismerestriction à l’exportation
Image illustrative accompagnant le cas, et non une représentation de l’événement rapporté.
Image illustrative représentative accompagnant ce cas ; ce n’est pas une photographie de l’événement rapporté.

La Corée du Sud avait fourni du matériel de protection et une aide humanitaire. Elle refusait toujours de livrer des armes létales à l’Ukraine.

Le 28 octobre 2022, le président Yoon Suk-yeol a déclaré que Séoul n’avait pas fourni d’armes létales à l’Ukraine. Reuters a rapporté cette déclaration après que le président russe Vladimir Poutine eut affirmé qu’une décision sud-coréenne de fournir des armes nuirait aux relations entre les deux pays. Yonhap, source du récit, a repris l’explication de Yoon alors qu’il arrivait au travail.

Yoon a tracé une ligne entre l’aide que la Corée du Sud avait fournie et celle qu’elle avait retenue. Il a déclaré que la Corée du Sud avait agi en solidarité avec la communauté internationale au moyen d’une aide pacifique et humanitaire, mais qu’elle n’avait pas fourni d’armes létales. Yonhap a rapporté que Séoul avait envoyé des gilets pare-balles, des casques et d’autres fournitures militaires et médicales depuis l’invasion russe, tout en rejetant les demandes de Kyiv portant sur des armes létales.

Cette distinction est le cœur du dossier. Elle ne prouve pas que la Corée du Sud manquait d’armes adaptées, de capacité de production ou de possibilité de conclure une vente. Elle prouve l’existence d’une limite politique fixée par le gouvernement fournisseur. Une demande de Kyiv pouvait parvenir à Séoul sans aboutir à un transfert autorisé.

Le dossier public repris ici n’identifie pas les armes précises demandées par l’Ukraine. Il ne donne ni quantité, ni contrat, ni créneau de production, ni date de livraison. Il n’existe donc aucune base pour affirmer qu’un système coréen particulier était prêt à l’exportation puis retiré du plan d’une unité ukrainienne. La contrainte s’exerçait avant que ces détails d’acquisition ne deviennent publics.

Yoon a présenté la question comme relevant de la souveraineté de la Corée du Sud. Il a aussi déclaré que son gouvernement cherchait à maintenir des relations pacifiques et de bon voisinage avec les pays du monde entier, y compris la Russie. Reuters a ajouté que Séoul cherchait à éviter de froisser Moscou pour des raisons économiques et en raison de l’influence que la Russie pouvait exercer sur la Corée du Nord. Ce dernier point est le contexte de Reuters. Il ne doit pas être réécrit comme la preuve d’un veto juridique russe.

Le contexte politique explique pourquoi ce refus comptait. La Corée du Sud est un allié des États-Unis et un important producteur d’armes. Cela en faisait une source plausible lorsque l’Ukraine cherchait une assistance militaire. Mais une offre plausible n’est pas la même chose qu’une offre disponible. Un État capable de produire un bien peut malgré tout décider que ce bien ne sera pas transféré dans une guerre donnée.

Cette affaire résiste aussi à une extrapolation courante. La décision rapportée de la Corée du Sud de ne pas fournir d’armes létales n’équivaut pas à un refus de toute aide. Les dépêches décrivent expressément une aide humanitaire, médicale et de protection. Elles n’établissent pas que toute transaction commerciale, tout transfert indirect ou toute forme ultérieure d’assistance étaient interdits. La conclusion concerne la politique et la date rapportées, et non toutes les relations futures entre Séoul et Kyiv.

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