L’armée de l’air indienne avait besoin de fournitures russes. Moscou a dit que la guerre avait compliqué les choses.
Une déclaration de l’armée de l’air indienne à une commission parlementaire indiquait que la Russie ne pouvait pas livrer des fournitures de défense vitales en raison de la guerre en Ukraine. Le rapport n’identifiait pas la livraison principale, mais liait cette perturbation à une réduction des dépenses de modernisation prévues.

La relation de défense de l’Inde avec la Russie ne s’est pas arrêtée quand la guerre en Ukraine a commencé. Elle est devenue moins fiable sur le calendrier des livraisons. Dans une déclaration publiée par une commission parlementaire, l’armée de l’air indienne a indiqué que la Russie ne pouvait pas fournir des approvisionnements essentiels qu’elle s’était engagée à livrer en raison de la guerre.
Reuters a rendu compte de cette déclaration le 23 mars 2023. L’armée de l’air a expliqué à la commission que la Russie avait prévu en 2023 une « livraison majeure » qui n’aurait pas lieu. Le rapport n’identifiait pas cette livraison, ni sa valeur, ni le calendrier révisé. Ce détail manquant est important. L’affaire établit un manquement matériel à un engagement, et non la liste de tous les avions, navires, missiles ou pièces de rechange concernés.
Le rapport consignait aussi un démenti russe. Un porte-parole de l’ambassade de Russie à New Delhi a déclaré : « Nous n’avons pas d’informations qui puissent le confirmer. » Reuters a précisé qu’il n’y avait pas eu de réponse immédiate de Rosoboronexport, l’organisme russe chargé des exportations d’armements. Le récit indien et la réponse russe doivent rester côte à côte. La source ne permet pas de savoir si la livraison manquée a été empêchée par une usine particulière, un composant, une route de transport ou une décision d’exportation.
Un grand programme apparaissait en toile de fond. Reuters a indiqué que l’Inde avait acheté en 2018 cinq unités du système de défense antiaérienne S-400 Triumf à la Russie pour 5,4 milliards de dollars. Trois avaient été livrées et deux restaient attendues au moment de la publication du rapport. L’article ne disait pas que la « livraison majeure » faisait référence au S-400. Il indiquait aussi que l’armée de l’air indienne dépendait de la Russie pour les pièces de rechange des chasseurs Su-30MKI et MiG-29. Ces éléments montrent l’ampleur de la relation, pas l’identité de l’envoi manqué.
La dépendance était importante, mais pas totale. Reuters a indiqué que la Russie et l’Union soviétique avaient été pendant des décennies la principale source d’armes et d’équipements de défense de l’Inde. L’agence a cité des données du Stockholm International Peace Research Institute montrant que la Russie représentait 8,5 milliards de dollars sur les 18,3 milliards de dollars que l’Inde avait dépensés en importations d’armes depuis 2017. Ces chiffres décrivent la valeur et l’origine des importations sur la période citée. Ils ne montrent pas que chaque système indien était de fabrication russe, ni que chaque chaîne d’approvisionnement russe était perturbée.
L’Inde cherchait déjà à réduire cette dépendance. Reuters a rapporté que New Delhi s’était tourné vers la France, les États-Unis et Israël au cours des vingt années précédentes et qu’il poussait les entreprises indiennes à produire davantage sur le territoire national avec des partenaires mondiaux. L’agence a également noté que l’Inde achetait des chasseurs français, des drones israéliens et des moteurs d’avion américains. La diversification constituait donc une orientation politique déjà en cours, et non une réponse inventée après la livraison manquée.
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