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Pour le Japon, le risque matériel était aussi un risque de licence

Les mesures chinoises du 9 octobre 2025 ont ajouté cinq éléments de terres rares, des technologies de raffinage et des contrôles visant les producteurs étrangers utilisant des matériaux ou équipements chinois. Ces règles ont accru l’exposition des entreprises japonaises aux licences, sans prouver un arrêt ou une commande retenue.

ÉtatJapon
SystèmeProduction de défense et à double usage dépendante des terres rares
Mécanismerestriction des composants et de la chaîne d’approvisionnement
Quai portuaire calme au Japon montrant les équipements de production de défense et à double usage dépendante des terres rares.
Reconstitution représentative de la production de défense et à double usage dépendante des terres rares au Japon, illustrant l’élargissement des contrôles extraterritoriaux à l’exportation.

Le matériau peut se trouver au Japon. L’autorisation qui régit son utilisation suivante peut tout de même commencer en Chine.

Le 9 octobre 2025, Reuters a rapporté que la Chine avait élargi ses contrôles à l’exportation sur les terres rares, en ajoutant cinq éléments et des dizaines d’équipements de raffinage à sa liste de contrôle. Les mesures introduisaient aussi des règles obligeant les producteurs étrangers de terres rares utilisant des matériaux chinois à respecter les exigences chinoises de licence. Reuters indiquait que les mesures s’étendraient aux entreprises étrangères même lorsqu’aucune entreprise chinoise ne participait à la transaction.

Les règles concernaient davantage que la première vente. Les entreprises étrangères produisant certaines terres rares et certains aimants associés auraient besoin d’une licence d’exportation chinoise si le produit final contenait des matériaux ou avait été fabriqué avec des équipements chinois. La portée extraterritoriale décrite par Reuters signifie que l’origine pouvait rester pertinente après le déplacement du matériau à l’étranger. L’application juridique précise à une transaction japonaise exigerait toutefois le texte de la règle et les faits de la transaction.

Le calendrier était politiquement chargé. Reuters indiquait que les nouveaux contrôles faisaient suite à la demande de parlementaires américains d’élargir les restrictions sur les exportations d’équipements de fabrication de puces vers la Chine et précédaient une rencontre prévue entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping en Corée du Sud. Ces événements expliquent le contexte diplomatique rapporté par Reuters. Ils ne prouvent pas pourquoi la Chine aurait choisi une entreprise japonaise donnée ni que les contrôles étaient conçus autour du Japon.

Le ministère chinois du Commerce a déclaré que la portée des dernières restrictions était limitée et que des mesures facilitant les licences seraient adoptées. Il s’agit d’une position du gouvernement chinois. Elle coexiste avec le compte rendu de Reuters, selon lequel les mesures ajoutaient cinq éléments et des contrôles sur les technologies de transformation. Les deux faits comptent. L’existence d’une obligation de licence ne signifie pas que chaque demande sera refusée.

Le lien avec la défense était explicite. Reuters a rapporté que le ministère avait déclaré qu’aucune licence ne serait accordée aux utilisateurs étrangers de la défense, tandis que les demandes concernant des semi-conducteurs avancés seraient examinées au cas par cas. Les règles s’appliquaient aussi aux puces de 14 nanomètres ou plus avancées et à certaines puces mémoire. Ces dispositions concernant les semi-conducteurs font partie du paquet rapporté, mais le dossier porte sur l’exposition aux terres rares de la production stratégique japonaise. Il ne faut pas les réduire à une affirmation sur un programme d’armes japonais.

Le remplacement n’est pas automatique non plus. Une entreprise peut chercher une autre mine, un autre transformateur, un autre fournisseur d’aimants ou un autre équipement, mais la qualification et l’examen réglementaire prennent du temps. Les sources disponibles ne disent pas si les entreprises japonaises disposaient de stocks, de fournisseurs de remplacement, d’exemptions ou de licences approuvées. Il serait donc faux de décrire la mesure comme un arrêt de la production.

La Maison-Blanche a déclaré à Reuters que les agences américaines évaluaient l’effet de règles annoncées sans préavis et imposées dans ce qui semblait être un effort pour contrôler les chaînes d’approvisionnement technologiques. Un analyste cité dans l’article décrivait une séparation structurelle entre la chaîne de valeur chinoise et les États-Unis et leurs alliés. Ce sont des appréciations attribuées. Elles illustrent les enjeux, mais ne mesurent pas un effet au Japon.

L’exposition du Japon ne se limitait donc pas à une dépendance physique envers les matériaux chinois. Elle comprenait les règles attachées à ces matériaux après leur achat. Une chaîne d’approvisionnement peut sembler diversifiée au niveau des entreprises tout en restant exposée au niveau de l’origine et des licences. Il s’agit d’une vulnérabilité réelle de l’acquisition, mais pas de la preuve d’une pénurie.

Les dates attachées aux règles sont elles aussi futures. Reuters a indiqué que les contrôles sur les cinq éléments supplémentaires et les équipements de transformation prendraient effet le 8 novembre, tandis que les règles visant les entreprises étrangères utilisant des matériaux ou équipements chinois de terres rares prendraient effet le 1er décembre. L’annonce du 9 octobre créait donc une condition future de licence. Elle ne prouvait pas qu’une ligne de production japonaise s’était déjà arrêtée ce jour-là.

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