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Le Mali a changé de partenaires sécuritaires. La violence n’a pas attendu la passation.

Reuters a indiqué que les morts dans les faits de violence au Mali ont plus que doublé en 2022 pour atteindre près de 5 000, alors que plus de 2 000 soldats français se retiraient et que l’armée malienne coopérait avec Wagner. Les chiffres montrent une dégradation après le changement, et non une causalité exclusive.

ÉtatMali
SystèmeForce antiterroriste française et moyens associés
Mécanismerestriction de service, de soutien ou d’accès
Image illustrative accompagnant le cas, et non une représentation de l’événement rapporté.
Image illustrative représentative accompagnant ce cas ; ce n’est pas une photographie de l’événement rapporté.

Le Mali a changé de partenaire extérieur de sécurité. Le bilan des morts ne s’est pas amélioré avec ce changement.

Reuters a rapporté le 3 août 2023 que les morts dans les faits de violence au Mali avaient plus que doublé en 2022 pour atteindre près de 5 000. Cette hausse est intervenue alors que plus de 2 000 soldats français partaient et que l’armée malienne s’associait au groupe militaire privé russe Wagner. Le reportage était une analyse de données sur le conflit, et non une conclusion selon laquelle le départ français aurait causé chaque décès.

La rupture politique avait commencé plus tôt. Le Mali a connu des coups d’État en 2020 et 2021. Les relations avec la France se sont détériorées, et les forces françaises, présentes depuis des années pour combattre les insurgés islamistes, ont commencé à partir. L’armée malienne a ensuite travaillé avec Wagner, un autre dispositif extérieur de sécurité avec une autre chaîne de commandement, une autre relation politique et un autre historique public.

Cette substitution est le point clé en matière d’acquisition et de dépendance. Le Mali n’a pas simplement perdu une pièce d’équipement. Il a perdu l’accès à une force étrangère établie et l’a remplacée par une autre source d’appui militaire. Le changement a modifié qui pouvait fournir des troupes et une assistance, mais les sources n’établissent pas que les deux dispositifs fournissaient un renseignement, un appui aérien, une logistique, une formation ou une responsabilité équivalents.

Les chiffres appellent à la prudence. Reuters a indiqué que les morts dans les faits de violence avaient plus que doublé en 2022 pour atteindre près de 5 000. Le média n’a pas dit que chaque mort avait été causée par le retrait, que toute la violence s’était produite dans des zones autrefois couvertes par les forces françaises, ni que l’arrivée de Wagner avait été le seul changement. Les totaux des conflits additionnent des événements et des acteurs. Ils sont la preuve d’une dégradation, pas d’une expérience parfaitement contrôlée.

La comparaison avec le Niger dans le même reportage Reuters rend l’avertissement plus net, mais pas plus simple. Au Niger, les faits de violence ont reculé de près de 40 % au cours des six premiers mois de 2023 par rapport aux six mois précédents, tandis que les décès ont diminué d’un tiers entre 2021 et 2022. Reuters a attribué ces chiffres aux données ACLED et a décrit l’appui français et américain comme étant menacé après le coup d’État au Niger. La trajectoire du Mali était différente. Cette différence ne prouve pas que l’appui extérieur déterminait le résultat, mais elle affaiblit l’idée qu’un changement de gouvernement améliore automatiquement la sécurité.

Reuters a aussi relevé les limites du précédent dispositif français. La France était présente depuis des années, mais les groupes djihadistes ont continué à se répandre au Mali et dans les États voisins. Une force en retrait peut donc être à la fois incapable de mettre fin à un conflit et néanmoins déterminante pour l’équilibre sécuritaire qui suit son départ. Le constat met en lumière cette tension. Il ne plaide pas pour une nostalgie d’une solution déjà établie.

Le remplacement lui-même était politiquement chargé. Le récit d’ACLED sur le tournant du Mali vers la Russie décrit une frustration à l’égard des partenaires occidentaux et une volonté d’un plus grand contrôle souverain sur la politique de sécurité. Ces motivations relèvent des acteurs et des analystes qui les ont exprimées, et non du narrateur comme fait établi. Le choix peut être rapporté sans supposer que Wagner n’était qu’une unité de l’État russe ou que le Mali a obtenu une amélioration mesurable de ses capacités.

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