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Les généraux du Niger ont pris le pouvoir. L’Europe a gelé son soutien sécuritaire.

Après le coup d’État de juillet 2023, l’UE a suspendu sans limite son soutien budgétaire et toute coopération en matière de sécurité, tandis que la France a interrompu son aide au développement et son appui budgétaire. Washington a averti que des centaines de millions de dollars d’aide étaient menacés.

ÉtatNiger
SystèmeAide sécuritaire occidentale après un coup d’État
Mécanismerestriction de service, de soutien ou d’accès
Image illustrative accompagnant le cas, ne représentant pas l’événement rapporté.
Image illustrative représentative accompagnant ce cas; ce n’est pas une photographie de l’événement rapporté.

La prise de pouvoir par l’armée au Niger n’a pas annulé une plateforme d’armement. Elle a changé les conditions politiques dans lesquelles un soutien extérieur pouvait se poursuivre.

Le 29 juillet 2023, Reuters a rapporté que l’Union européenne et la France avaient coupé leur soutien financier au Niger et que les États-Unis avaient menacé de faire de même. Des chefs militaires avaient annoncé plus tôt dans la semaine le renversement du président élu Mohamed Bazoum. Le général Abdourahamane Tiani, ancien chef de la garde présidentielle, a été déclaré chef de l’État par les meneurs du coup d’État.

La réponse de l’UE allait au-delà d’une simple expression de préoccupation. Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a déclaré : « En plus de la cessation immédiate du soutien budgétaire, toutes les actions de coopération dans le domaine de la sécurité sont suspendues indéfiniment avec effet immédiat. » Cette phrase est une déclaration de politique directe. Elle ne signifie pas que toutes les formes d’aide internationale, y compris les livraisons humanitaires, se sont arrêtées.

La France a, de son côté, suspendu avec effet immédiat toute aide au développement et tout soutien budgétaire, et a exigé un retour à l’ordre constitutionnel. Reuters a évalué l’aide française au développement à environ 120 millions d’euros en 2022, avec un montant légèrement supérieur attendu en 2023. Les États-Unis n’ont pas annoncé la même suspension totale dans le rapport consulté. Le secrétaire d’État Antony Blinken a déclaré que « l’aide très importante » déjà en place pour la population du Niger était « clairement menacée ».

Les montants montrent pourquoi la décision politique importait. Reuters a indiqué que le Niger recevait près de 2 milliards de dollars par an au titre de l’aide publique au développement et que l’UE avait alloué 503 millions d’euros, soit environ 554 millions de dollars, de son budget à la gouvernance, à l’éducation et à la croissance durable de 2021 à 2024. Par l’intermédiaire de la Facilité européenne pour la paix, l’UE avait approuvé environ 70 millions d’euros pour soutenir les forces armées nigériennes depuis juillet 2022, dont 4,7 millions d’euros d’armements approuvés le 8 juin 2023.

Ces montants ne sont pas interchangeables. Les 503 millions d’euros correspondaient à une enveloppe pluriannuelle de développement. Les 70 millions d’euros renvoyaient à une aide militaire approuvée via une facilité particulière. Les 4,7 millions d’euros constituaient un montant approuvé pour des armes. Aucun ne doit être présenté comme la somme d’une seule commande d’armes annulée.

La relation de sécurité allait au-delà d’un marché public. Reuters a indiqué que les États-Unis et la France utilisaient le Niger comme base d’opérations contre l’insurrection islamiste dans l’ensemble du Sahel et que les deux pays y avaient environ 1 100 soldats. L’UE y avait aussi une petite mission de formation militaire. Le rapport n’indique pas que toutes les bases ont fermé le 29 juillet, ni que toute activité de formation a cessé ce jour-là. Il établit que le socle politique de la coopération s’était effondré.

La précision humanitaire est importante. Les Nations unies ont indiqué que leurs livraisons humanitaires n’avaient pas été affectées au moment du reportage de Reuters. Ce fait empêche un simple titre du type « toute l’aide a cessé ». Il montre aussi que les bailleurs distinguaient l’assistance d’urgence du soutien susceptible de renforcer ou de légitimer le nouveau gouvernement militaire.

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