La Russie a conservé ses usines. Les contrôles à l’exportation ont restreint les outils dont elles avaient besoin.
Les contrôles à l’exportation des États-Unis et de leurs partenaires ont limité l’accès de la Russie aux machines-outils avancées, aux semi-conducteurs et à d’autres intrants industriels après février 2022. Le département d’État fait état de pénuries, de cannibalisation de pièces et d’unités de production à l’arrêt, mais cette évaluation ne constitue pas un audit indépendant de la production.

Une usine peut rester ouverte tandis que les outils qui rendent sa production possible se raréfient. C’est le problème d’approvisionnement décrit dans l’évaluation américaine des sanctions et des contrôles à l’exportation visant la Russie.
Après que la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine le 24 février 2022, les États-Unis et leurs alliés ont imposé des sanctions et des contrôles à l’exportation visant les technologies avancées et les intrants industriels. Selon le département d’État, ces mesures ont eu des conséquences importantes et durables sur la base industrielle de défense russe. Le texte identifie les machines-outils, les semi-conducteurs, les pièces aéronautiques et d’autres composants d’origine étrangère comme des points de pression.
Les machines-outils ne sont pas des armes finies. Ce sont les équipements utilisés pour fabriquer, réparer et reproduire des pièces. Une restriction visant une machine-outil avancée peut donc affecter une chaîne de production sans produire l’événement visuellement simple d’une commande annulée. La perte peut se manifester par un usinage plus lent, une maintenance plus difficile ou la nécessité de repenser la production autour d’un substitut moins performant.
Le département d’État indique que la Russie a eu des difficultés à importer des semi-conducteurs et d’autres composants clés. Il dit aussi que les contrôles à l’exportation ont contraint la Russie à cannibaliser des pièces d’avion existantes qu’elle ne pouvait plus se procurer à l’étranger. Le même compte rendu indique que la production de missiles balistiques hypersoniques avait presque cessé en raison de pénuries de semi-conducteurs, que le réapprovisionnement de l’aviation militaire avait été coupé, et que certaines usines mécaniques, y compris des usines produisant des missiles sol-air, avaient fermé faute de composants étrangers.
Il s’agit là de conclusions présentées dans un document de plaidoyer et de politique publique du gouvernement américain, et non de mesures neutres acceptées sans réserve. La page ne fournit pas de série de production usine par usine, n’identifie pas chaque modèle de machine-outil affecté et ne sépare pas la contribution des contrôles à l’exportation de la demande du champ de bataille, de la main-d’œuvre, du financement et d’autres contraintes. Les affirmations doivent donc rester attribuées au département d’État.
Le dossier décrit des frictions industrielles plutôt qu’un refus total. Un contrôle peut rendre un composant plus difficile à obtenir même si certains envois se poursuivent. Une solution de contournement ne montre pas que la filière d’origine reste intacte, et une pénurie ne prouve pas que chaque arme associée s’est arrêtée.
L’évaluation indique que les États-Unis ont publié environ 1 500 nouvelles inscriptions et 750 inscriptions modifiées sur les listes de sanctions après février 2022. Elle décrit aussi des restrictions visant Rostec, la base militaro-industrielle russe, des producteurs de microélectronique, des entreprises de missiles, des institutions financières et Rosoboronexport. Ces mesures visaient des entreprises et des réseaux autant que des biens. La page ne dit pas que chaque entité inscrite était un fournisseur de machines-outils ni que chaque inscription a eu le même effet sur la production.
Le financement faisait partie du mécanisme. Le département d’État dit que des banques dans plusieurs pays ont réduit leurs liens avec la Russie et que de grandes institutions financières ont été visées. Une machine-outil peut être physiquement disponible quelque part dans le monde, tout en restant difficile à acheter, à assurer, à financer ou à réexporter légalement. Le contrôle des exportations n’est donc pas simplement une inspection aux frontières. C’est aussi une contrainte sur la transaction qui rendrait l’équipement utilisable.
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