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Retour à Veto the VetoARG-03

L’Argentine voulait des Gripen. Les pièces britanniques rendaient le remplacement trop coûteux.

L’Argentine a envisagé le Gripen pour remplacer sa flotte de Mirage, mais le remplacement des éléments conçus ou fabriqués au Royaume-Uni aurait été techniquement possible et trop coûteux, selon les informations publiées. Le dossier disponible ne montre ni contrat Gripen signé ni refus public distinct.

ÉtatArgentine
Systèmeoption de chasseur Gripen
Mécanismerestriction à l’exportation
Image illustrative accompagnant le cas, et non une représentation de l’événement rapporté.
Image illustrative représentative accompagnant ce cas ; il ne s’agit pas d’une photographie de l’événement rapporté.

Le problème du Gripen pour l’Argentine n’était pas les performances de l’avion. C’était la liste des pays dont l’autorisation accompagnait l’appareil.

Defense News a rapporté en juillet 2015 que l’Argentine avait envisagé le Saab Gripen NG parallèlement au JF-17 sino-pakistanais comme remplaçant de ses chasseurs Mirage. Le Gripen était proposé par le Brésil et devait provenir de la future chaîne d’assemblage brésilienne. Selon des sources militaires citées par Defense News, le Gripen était plus attrayant pour l’Argentine que le JF-17.

Cette option s’est heurtée à des contenus d’origine britannique. Defense News a rapporté qu’à la fin de 2014, le gouvernement britannique avait indiqué qu’il opposerait son veto au transfert vers l’Argentine de tout composant du Gripen fabriqué ou conçu au Royaume-Uni. L’article indiquait que Saab avait étudié le remplacement de ces éléments par des équivalents non britanniques à la demande des autorités brésiliennes.

La solution de contournement proposée était techniquement possible. Elle n’était pas simple sur le plan commercial. Defense News a rapporté que le remplacement des composants exigerait une modification de la cellule, l’intégration des équipements de substitution et des essais. Le surcoût était supérieur à ce que les autorités argentines étaient prêtes à payer, et l’Argentine a abandonné l’option Gripen. La contrainte est donc intervenue avant la livraison : elle rendait l’appareil trop coûteux à acheter dans la configuration exigée par l’Argentine.

Cela ne revient pas à dire que le Royaume-Uni a saisi ou immobilisé un Gripen argentin. L’Argentine n’a jamais reçu l’appareil décrit dans le compte rendu de 2015. L’affaire concerne un achat envisagé et une position rapportée de contrôle des exportations, et non la perte d’une capacité déjà en service.

Le contexte politique était celui du différend des Malouines/Falklands. Defense News a indiqué que le gouvernement britannique s’inquiétait d’une menace potentiellement plus importante pour les îles Falkland, connues en Argentine sous le nom de Malvinas. Cette histoire explique pourquoi des composants britanniques dans un avion conçu par la Suède et assemblé au Brésil pouvaient devenir décisifs. Elle ne prouve pas l’intention du gouvernement britannique au-delà de ce que le reportage attribue à ses sources, et elle n’établit pas une décision publique de licence pour une configuration Gripen nommée.

La politique publiée par le Royaume-Uni est elle-même plus nuancée qu’une simple interdiction. Une déclaration ministérielle du 27 juin 2018 indiquait que la position générale consistait à refuser les licences pour les exportations jugées susceptibles de renforcer les capacités militaires argentines. Elle prévoyait aussi une évaluation au cas par cas et précisait que des licences pourraient être accordées lorsque des équipements équivalents n’étaient pas disponibles et que l’exportation n’était pas jugée préjudiciable aux intérêts britanniques de défense et de sécurité. GOV.UK décrit la même approche. Ces documents sont postérieurs à la position rapportée en 2014 et ne doivent pas servir à réécrire l’épisode antérieur, mais ils montrent pourquoi « risque de veto » et « embargo automatique » ne sont pas des termes interchangeables.

Le dossier Gripen s’inscrit aussi dans une recherche plus large de chasseur par l’Argentine. La flotte de Mirage devait être remplacée depuis longtemps, et l’Argentine avait étudié plusieurs appareils. Defense News a ensuite rapporté que les besoins argentins en matière de chasseurs excluaient les systèmes, sous-systèmes et composants fabriqués ou conçus au Royaume-Uni, ce qui est cohérent avec le problème rapporté pour le Gripen. Mais cela ne prouve pas que chaque candidat a été écarté pour la même raison.

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