L’embargo sur la Côte d’Ivoire prévoyait une porte de sortie pour le gouvernement. Il fallait l’autorisation de l’ONU.
La résolution 1572 a interdit les transferts d’armes en 2004, mais a prévu des exemptions, notamment pour du matériel destiné aux forces ivoiriennes, sous réserve d’une approbation préalable.

L’embargo sur les armes en Côte d’Ivoire n’était pas un simple refus d’une livraison. C’était une présomption juridique contre les approvisionnements, les exceptions nécessitant une autorisation.
Le 15 novembre 2004, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1572 et imposé un embargo obligatoire sur les armes à l’encontre de la Côte d’Ivoire. La mesure faisait suite à des violations répétées du cessez-le-feu et à une situation humanitaire qui se dégradait. SIPRI indique que l’embargo a été levé le 28 avril 2016, lorsque la résolution 2283 a relevé des progrès en matière de stabilisation, de désarmement, de démobilisation et de réintégration, de réforme du secteur de la sécurité, de réconciliation et de gestion des armes.
Le champ d’application était large. La résolution 1572 exigeait des États qu’ils empêchent la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, d’armes et de matériel connexe vers la Côte d’Ivoire, y compris des aéronefs militaires et des équipements, que ce matériel provienne ou non du territoire du fournisseur. Elle couvrait aussi l’assistance, les conseils et la formation liés aux activités militaires. Il ne s’agissait pas d’un simple avertissement informel aux fournisseurs. SIPRI le classe comme un embargo obligatoire de l’ONU.
Ce n’était toutefois pas une interdiction absolue de tout ce qui pouvait être qualifié de matériel militaire. La résolution autorisait les armes, le matériel connexe et l’assistance technique destinés uniquement à appuyer la restructuration des forces de défense et de sécurité ivoiriennes dans le cadre du processus de réconciliation nationale, mais seulement avec l’accord préalable du comité des sanctions compétent. La voie juridique restait ouverte en principe. Elle passait par un comité plutôt que par une licence commerciale ordinaire.
Cette distinction a évolué avec le temps. Le Conseil de sécurité a reconduit les sanctions chaque année de 2005 à 2009. En 2010, la résolution 1946 a expressément autorisé les livraisons approuvées d’équipements non létaux destinés à aider les forces de sécurité ivoiriennes à employer une force appropriée et proportionnée tout en maintenant l’ordre public. SIPRI indique que cette formulation faisait suite à une recommandation de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, qui estimait que l’absence de matériel antiémeute pouvait conduire les forces de l’ordre à utiliser des armes à feu.
En 2011, la résolution 1980 a maintenu l’embargo et précisé que les véhicules destinés aux forces de sécurité ivoiriennes nécessitaient eux aussi l’approbation du comité. En 2012, la résolution 2045 a levé les restrictions concernant la formation, les conseils et l’expertise liés aux activités de sécurité et militaires, ainsi que les véhicules civils. Cela n’a pas mis fin à la restriction sur les armes. Cela a réduit la partie du système qui nécessitait encore une autorisation.
Les prolongations de 2013 et 2014 ont maintenu la mesure. En 2014, la résolution 2153 a supprimé l’obligation de notification préalable pour le matériel non létal, mais a conservé l’approbation préalable pour la plupart des armes, précisée dans une liste jointe à la résolution. L’histoire n’est donc pas celle d’une interdiction figée. C’est un système d’autorisation évolutif, dont les exceptions se sont élargies à mesure que la situation politique et sécuritaire changeait.
AI-generated representative image.
