Le Népal a perdu l’aide militaire occidentale pendant sa crise. Il s’est tourné vers l’Est.
L’Inde, les États-Unis et le Royaume-Uni ont coupé ou réexaminé leur assistance après la prise de pouvoir du roi Gyanendra en février 2005.

Les fournisseurs établis du Népal ont cessé d’envoyer une aide létale. La Chine aurait répondu avec des camions.
Le roi Gyanendra a dissous le gouvernement népalais et pris le pouvoir directement le 1er février 2005. Neuf mois plus tard, Al Jazeera, reprenant un rapport de l’AFP publié le 25 novembre, a décrit l’impact sur les lignes d’approvisionnement militaire du pays. L’Inde, plus grand fournisseur d’armes du Népal, ainsi que les États-Unis et la Grande-Bretagne avaient suspendu l’aide militaire après la prise de pouvoir royale. La Chine aurait envoyé au moins 18 camions chargés d’armes et de munitions via l’autoroute de Kodari, au nord-est de Katmandou.
La formulation du reportage est importante. Al Jazeera attribuait l’envoi au quotidien népalais *Kantipur*. Le média indiquait que 12 camions étaient entrés au Népal un jour, puis que six autres véhicules transportant des armes étaient entrés le lendemain depuis Khasa, au Tibet. L’armée népalaise n’a fait aucun commentaire, et le reportage n’identifiait pas les armes. L’envoi doit donc rester un transfert rapporté, et non un inventaire vérifié ni une affirmation selon laquelle chaque véhicule transportait un système particulier.
Le calendrier rendait la question des approvisionnements politiquement sensible. L’insurrection maoïste du Népal avait commencé en 1996, les rebelles cherchant à mettre fin à la monarchie et à établir une république communiste. L’armée ne se préparait pas à une guerre hypothétique. Elle affrontait une révolte active tandis que la prise de pouvoir du roi avait suscité une condamnation internationale et une réévaluation de l’aide militaire.
Les suspensions occidentales et indiennes n’étaient pas décrites comme une interdiction générale de tout contact avec le Népal. Il s’agissait de suspensions de l’aide militaire ou, selon le récit source, de l’aide létale. Cette distinction évite de transformer l’affaire en affirmation selon laquelle le Népal aurait été totalement désarmé. Elle montre aussi comment un fournisseur peut exercer une pression sans contrôler l’ensemble du marché.
La Chine avait déjà fourni du matériel non létal, comme des équipements de télécommunications, selon *Kantipur* cité par Al Jazeera. L’arrivée signalée d’armes à feu et de munitions était présentée comme un changement. Elle suggérait qu’une relation auparavant associée à un soutien non létal était passée à des matériels létaux, tandis que les fournisseurs établis retenaient leurs livraisons.
L’itinéraire faisait partie de l’histoire. Le reportage indiquait que les camions étaient passés par l’autoroute de Kodari et que l’armée chinoise les avait escortés jusqu’à la frontière sino-népalaise avant de les remettre à du personnel népalais en tenue civile, qui a transféré les marchandises dans des camions civils à l’intérieur du Népal. Ces détails relèvent du récit de *Kantipur*, et non d’un registre de mouvement vérifié indépendamment. Ils montrent la logistique rapportée, et non un rôle de commandement chinois confirmé à l’intérieur du Népal.
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