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Le Pakistan pourrait acheter les F-16. Le Congrès les a rendus plus chers de 430 millions de dollars.

Le Congrès a bloqué le financement américain du lot de 2016, laissant au Pakistan la totalité du coût d’avions que l’administration voulait toujours vendre.

ÉtatPakistan
SystèmeHuit chasseurs F-16
Mécanismerestriction à l’exportation
Des rayonnages de composants et un établi dans un centre d’approvisionnement.
Des rayonnages de composants et un établi dans un centre d’approvisionnement.

Washington a toujours autorisé la vente des huit appareils, mais le Congrès a bloqué le financement américain, obligeant le Pakistan à trouver environ 430 millions de dollars supplémentaires. Rien n’a été frappé d’embargo ; l’économie de l’opération a été bouleversée.

Le contrôle politique des financements peut faire échouer un achat de défense sans l’interdire. L’autorisation d’acheter n’est guère une concession lorsque la structure de financement qui rendait l’accord possible disparaît.

C’est la partie que la brochure ne mentionnera sans doute pas. On part du principe qu’un budget approuvé restera disponible jusqu’à l’arrivée de la capacité. En réalité, le contrôle s’exerce dans les votes parlementaires, les subventions, les sanctions, les circuits de paiement, les changes et les conditions attachées au financement public. C’est ce point de contrôle qui se cache derrière le fait mis en avant par le titre : le Pakistan pourrait acheter les F-16.

Le contrôle s’exerce généralement par la procédure, pas par un spectaculaire bouton rouge. La partie qui détient le levier peut laisser la vente techniquement autorisée tout en rendant son prix, son financement ou son circuit de paiement impossibles. Au moment où l’acheteur comprend enfin que le retard est politique, la perte de disponibilité a déjà commencé. Pour le Pakistan, l’avertissement se lit dans ce qui a suivi : le Congrès les a rendus plus chers de 430 millions de dollars.

Avant la sélection, posez les questions qui dérangent dans le dossier d’acquisition. Quelles sanctions s’appliquent à l’acheteur, au vendeur, à la banque ou à l’intermédiaire ? Le contrat peut-il résister à des chocs de taux de change et de taux d’intérêt ? Quelle capacité est perdue en premier lorsqu’une échéance de paiement est décalée ?

La résilience doit être achetée délibérément. Le programme doit vérifier chaque intermédiaire au regard des règles de sanctions en vigueur, prévoir une sortie licite si les conditions de financement changent et soumettre le programme à des tests de résistance sans financement concessionnel. Si ces éléments ne sont pas financés, l’affirmation d’indépendance ne l’est pas non plus.

Il y a aussi un problème de calendrier. Le fournisseur, composant ou service de rechange peut exister, mais il peut nécessiter une qualification, une intégration, une formation et une nouvelle approbation politique. Ces mois comptent. Un substitut qui ne devient utilisable qu’après la fin de la crise n’est pas un substitut. C’est une explication pour l’enquête qui suivra. L’exercice a ici un point de départ concret : le Pakistan pourrait acheter les F-16.

Pour le Pakistan, l’armement peut être approuvé alors que les fonds sont bloqués.

Le ministère des finances devrait aussi voir ce risque. La résilience peut sembler coûteuse parce que son prix apparaît dans l’appel d’offres. La dépendance semble souvent gratuite parce que son coût apparaît plus tard, dans les achats d’urgence, les travaux de modification, la perte de disponibilité et les concessions politiques. Cette différence comptable ne rend pas la dépendance moins coûteuse. Elle en masque seulement la facture. Le fait mis en avant, « le Pakistan pourrait acheter les F-16 », devrait refléter ce risque dans son évaluation.

Un financement bon marché peut rendre possible un achat nécessaire. Il crée aussi un levier pour celui qui fournit la subvention, la garantie ou l’ouverture annuelle de crédits. Cette distinction importe ici : le Congrès les a rendus plus chers de 430 millions de dollars.

Les trois questions suivantes doivent figurer dans le plan opérationnel, pas dans une annexe. Des banques et des devises de remplacement sont-elles légalement disponibles, ou seulement évoquées ? L’acquisition reste-t-elle abordable sans la subvention actuelle ? Qui peut retenir les fonds annuels après l’approbation initiale ? Si personne ne détient la réponse, personne ne détient le risque.

Le test final pour le Pakistan est simple : la capacité reste-t-elle abordable et finançable lorsque la subvention, le vote annuel ou le circuit de financement privilégié change ? Si la réponse honnête commence par « à condition que quelqu’un d’autre accepte », cette condition doit figurer en première page de la décision d’acquisition, pas dans une annexe que personne ne lit.

L’acheteur peut encore être autorisé à acquérir le système tout en étant incapable de se le payer, de le financer ou de le régler selon les conditions qui ont rendu la décision possible. L’armement peut être approuvé tandis que l’argent est bloqué. Ce risque se cache derrière l’affirmation selon laquelle « le Pakistan pourrait acheter les F-16 ».

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