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La Serbie s’est tournée vers les Rafale quand la voie russe s’est compliquée

Le président serbe a déclaré en avril 2024 que les sanctions occidentales et l’isolement logistique avaient rendu les acquisitions d’avions de combat russes difficiles. Quatre mois plus tard, la Serbie a signé pour 12 Rafale français, transformant une orientation rapportée en contrat.

ÉtatSerbie
SystèmeModernisation des avions de combat
Mécanismecontrainte d’acquisition et de licence
Zone d’entraînement serbe montrant des équipements de modernisation d’avions de combat, dans une scène d’approvisionnement sobre.
Reconstitution représentative de la modernisation des avions de combat en Serbie, illustrant la manière dont les sanctions et l’isolement logistique ont façonné le cas documenté.

Le choix de l’avion a changé avant le contrat.

Le 9 avril 2024, Reuters a rapporté que la Serbie était plus proche d’un accord pour des chasseurs Rafale français. Le président Aleksandar Vučić a déclaré que les sanctions occidentales et les difficultés logistiques avaient rendu plus difficile l’acquisition de systèmes russes. À ce moment-là, il n’était pas établi que la Serbie avait signé un contrat pour des Rafale, et l’article décrivait une orientation des achats plutôt qu’un remplacement achevé.

L’obstacle n’était donc pas un refus public adressé à Belgrade. C’était la viabilité décroissante d’une voie russe. Les sanctions peuvent toucher le paiement, le transport, les pièces et le soutien technique sans produire un avis unique disant qu’un avion donné est interdit. Un acheteur peut continuer de préférer une plateforme et décider malgré tout que la voie vers la livraison et le maintien en condition n’est plus fiable.

L’article d’avril n’identifiait pas les avions russes envisagés par la Serbie, le nombre de Rafale discutés, le prix proposé ni le calendrier de livraison. Il ne quantifiait pas non plus le coût du changement de fournisseur. Ces omissions comptent car un changement d’orientation politique ne constitue pas automatiquement une commande, et une déclaration sur la logistique n’est pas un calcul de disponibilité future.

Le dossier ultérieur rend le cas plus concret. Le 29 août 2024, Reuters a rapporté que la Serbie et Dassault Aviation avaient signé un accord pour des chasseurs Rafale. Le compte rendu contemporain de RFI identifiait 12 appareils neufs et une valeur de 2,7 milliards d’euros, comprenant un ensemble logistique, des moteurs de rechange et des pièces. Cette décision était ultérieure ; elle ne prouve pas que l’article d’avril faisait état d’une vente déjà signée.

Le contrat modifie aussi ce qu’il est possible d’affirmer sérieusement sur le résultat. La Serbie n’a pas seulement maintenu ouverte l’option Rafale. Elle a choisi un avion français et conclu un accord. L’accord ultérieur ne prouve pourtant pas que les sanctions aient à elles seules provoqué ce choix. Les besoins de la flotte serbe, la relation politique avec la France, le financement, l’interopérabilité et l’état des avions existants ont pu compter. Les sources consultées établissent l’explication par les sanctions et la logistique comme le récit de Vučić, et non comme une étude causale entièrement quantifiée.

Cette distinction est centrale pour le mécanisme du veto. Le contrôle étranger peut s’exercer par le système de soutien qui entoure une plateforme. Les avions de combat ont besoin de moteurs, de pièces, de logiciels, de formation, d’armes et de maintenance. Si l’accès politique au fournisseur est restreint, l’avion peut rester techniquement attrayant tout en devenant un choix plus risqué pour un État qui planifie sa flotte sur plusieurs décennies.

La France offrait une autre voie, mais un contrat français n’a pas rendu la Serbie indépendante du contrôle étranger. Le Rafale dépend toujours d’un fabricant étranger et des autorisations, livraisons et soutiens français. L’épisode n’est pas celui d’un pays qui aurait entièrement échappé à la dépendance. C’est le passage d’un écosystème de soutien extérieur à un autre après que le premier est devenu plus difficile à utiliser.

Il ne faut pas non plus projeter le contrat ultérieur sur chaque détail des discussions d’avril. Les sources n’établissent pas que la Serbie ait annulé une commande russe, que les avions russes aient été indisponibles dans toutes les configurations ni que les livraisons de Rafale aient commencé. Elles montrent une déclaration d’avril sur la difficulté, une orientation d’avril vers la France et un accord d’août pour 12 Rafale.

À la fin août, Belgrade avait pris la décision annoncée par l’article d’avril. Le veto immédiat était logistique et politique, plutôt qu’une unique licence d’exportation refusée. Un acheteur peut conserver le droit de choisir tout en perdant la possibilité pratique de traiter tous les fournisseurs sur un pied d’égalité.

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