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Retour à Veto the VetoUKR-01

L’Estonie avait des obusiers D-30 pour l’Ukraine. L’Allemagne a d’abord dit non.

L’Estonie cherchait à envoyer à l’Ukraine des obusiers D-30 d’origine allemande alors que le risque d’une invasion russe augmentait. La position allemande sur les exportations a bloqué cette voie en janvier 2022, même si des reportages ultérieurs font état d’autorisations différentes et ne chiffrent pas la perte ukrainienne qui en a résulté.

ÉtatUkraine
SystèmeObusiers D-30 provenant d’Estonie
Mécanismerestriction au titre du contrôle des exportations
Image illustrative accompagnant le cas, et non une représentation de l’événement rapporté.
Image illustrative représentative accompagnant ce cas; ce n’est pas une photographie de l’événement rapporté.

L’Estonie disposait de l’artillerie. L’Allemagne avait encore son mot à dire sur sa destination.

Le 21 janvier 2022, DW a rapporté que Berlin avait refusé de délivrer des permis permettant à l’Estonie d’exporter vers l’Ukraine des armes d’origine allemande. Un éclairage ultérieur de Reuters a décrit la même politique de transfert d’origine allemande dans le contexte du débat plus large sur l’armement de l’Ukraine. Ces reportages sont parus alors que la Russie massait des troupes près de l’Ukraine et que les gouvernements occidentaux débattaient de savoir si l’envoi d’armes dissuaderait une invasion ou accroîtrait le risque d’escalade. L’Estonie demandait l’autorisation de fournir un équipement qu’elle détenait déjà, et non de demander à l’Allemagne de fabriquer un nouveau système.

Le dossier de l’affaire identifie cet équipement comme des obusiers D-30. Un reportage ultérieur de Defense Express, citant European Pravda, a décrit les D-30 estoniens comme des canons de conception soviétique qui étaient passés par les inventaires de l’ancienne Allemagne de l’Est et de la Finlande avant que certains ne soient achetés par l’Estonie. Ce récit ultérieur précisait aussi que la Finlande avait accordé en mars 2023 une autorisation distincte de réexportation pour des D-30 et des munitions de 122 mm. Cela ne prouve pas que le même nombre de canons était concerné par le refus allemand de janvier 2022, c’est pourquoi ce texte ne donne pas de quantité.

La position allemande s’inscrivait alors dans une politique plus large. Le reportage de Reuters indiquait que Berlin s’opposait depuis longtemps à l’exportation d’armes létales vers des zones de conflit et qu’il avait aussi bloqué d’autres pays souhaitant envoyer des équipements d’origine allemande. Le reportage de DW sur le même épisode de janvier indiquait que des responsables allemands et estoniens avaient déclaré au Wall Street Journal que Berlin appliquait ce principe à l’arsenal estonien en raison de son origine.

Le mécanisme est donc clair. L’Estonie avait la garde physique des équipements, mais l’historique du transfert antérieur faisait peser une condition d’approbation. Le système pouvait être stocké dans un pays tout en restant soumis à une décision prise dans un autre lorsque le propriétaire voulait le réexporter. La possession et l’autorité de transfert étaient deux choses différentes.

Reuters a aussi rapporté que l’Allemagne avait approuvé la livraison par la République tchèque de vieux chars d’origine allemande à l’Ukraine et qu’elle soutiendrait l’artillerie néerlandaise en munitions. Une source gouvernementale allemande a indiqué à l’agence que la question était celle de la disponibilité. Cette précision est importante. Berlin n’appliquait pas une règle unique et simple à chaque arme liée à l’Allemagne. Sa position variait selon l’équipement, l’itinéraire et ce qu’elle jugeait disponible.

Le débat politique était contesté en Allemagne. Le chancelier Olaf Scholz et la ministre de la Défense Christine Lambrecht soutenaient que donner des armes lourdes de la Bundeswehr nuirait aux capacités militaires propres de l’Allemagne. Scholz a aussi déclaré que l’Ukraine avait besoin rapidement d’armes lourdes et que remplacer d’anciens systèmes allemands prendrait du temps. Le gouvernement envisageait des livraisons industrielles et des armes de conception soviétique détenues par les membres orientaux de l’OTAN plutôt qu’un départ immédiat de ses propres stocks lourds.

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