Après Andijan, l’Ouzbékistan a perdu la filière d’armement européenne
L’embargo de l’UE a suivi les tueries d’Andijan en 2005 et a été levé en 2009 après un assouplissement progressif d’autres sanctions.

La filière européenne s’est fermée après Andijan. Le reste de la carte d’approvisionnement militaire de l’Ouzbékistan n’est pas documenté ici.
Le SIPRI indique que le gouvernement ouzbek a répondu au soulèvement des 12 et 13 mai 2005 à Andijan en tirant sur des centaines de civils, pour la plupart non armés. La base de données précise que le Conseil européen a commencé à envisager des mesures après le refus des autorités ouzbèkes d’ouvrir une enquête internationale indépendante. En novembre 2005, l’UE a adopté la position commune 2005/792/PESC.
La mesure n’était pas une simple expression générale de préoccupation. Elle instaurait une interdiction de vendre, fournir, transférer ou exporter des armes et du matériel connexe de tout type vers l’Ouzbékistan, depuis les États membres de l’UE ou via eux. Le SIPRI inclut dans ce champ les armes et munitions, les véhicules militaires, le matériel paramilitaire et les pièces détachées. Le Conseil a également adopté le règlement (CE) n° 1859/2005 afin d’assurer une mise en œuvre uniforme.
L’embargo est entré en vigueur le 14 novembre 2005. Le SIPRI indique qu’il est resté en place jusqu’à la fin du mois d’octobre 2009, lorsque le Conseil européen a décidé de ne pas renouveler les sanctions. La base de données retient la date de levée du 31 octobre 2009. Ce sont les dates juridiques pertinentes. Les tueries d’Andijan ont eu lieu en mai, la mesure a été adoptée ensuite, et la levée a fait l’objet d’une décision distincte. Il ne faut pas les confondre en un seul événement.
La distinction est importante car les éléments portent sur l’accès à partir d’un groupe défini de fournisseurs. Dans ce cas, « approvisionnement européen en armes » signifie des transferts depuis les États membres de l’UE ou via eux. Cela ne veut pas dire que tous les fournisseurs étrangers ont cessé de traiter avec l’Ouzbékistan, que l’équipement ouzbek existant a été saisi, ou que le pays ne pouvait pas acheter ailleurs. Le SIPRI ne fournit aucun chiffre sur les contrats, les plateformes, les stocks, les retards de livraison ni la disponibilité opérationnelle.
La source n’établit pas non plus un ordre annulé précis. L’interdiction couvrait aussi les pièces détachées ainsi que les équipements finis, ce qui pouvait compter pour une flotte existante, mais aucune flotte touchée n’est nommée. Le dossier confirme donc un changement des conditions juridiques de la commande, et non une évolution mesurée des capacités militaires.
La décision a suivi un différend politique sur la responsabilité. Le SIPRI relie l’examen des sanctions par l’UE au refus du gouvernement ouzbek d’autoriser une enquête indépendante. C’est la chronologie documentée. Elle n’établit pas les motifs de chaque gouvernement de l’UE au-delà de la réponse indiquée, et elle ne dit pas comment Tachkent a adapté ses achats.
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