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Retour à Veto the VetoYEM-01

L’embargo onusien sur les armes visant le Yémen ne ciblait pas le Yémen. Il nommait des personnes.

La résolution 2216 interdisait, à partir d’avril 2015, les transferts directs et indirects vers des personnes et entités nommées ou désignées par le comité.

ÉtatYémen / entités houthis désignées
SystèmeArmes et matériel militaire
Mécanismerestriction de contrôle des exportations ou de sanctions
Aire de stationnement d’appui d’aérodrome au Yémen / entités houthis désignées montrant des équipements d’armes et de matériel militaire et une scène de chaîne d’approvisionnement contrôlée.
Reconstitution représentative d’un site de soutien aérien pour des armes et du matériel militaire au Yémen / entités houthis désignées, illustrant la manière dont un embargo multilatéral ciblé sur les armes a façonné le cas documenté.

L’ONU n’a pas traité le Yémen comme un acheteur indifférencié. Elle a rattaché la barrière sur les armes à des personnes et entités désignées dans le régime de sanctions.

Le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2216 le 14 avril 2015, alors que le conflit au Yémen s’aggravait. Le résumé du Conseil indique que la résolution imposait un embargo ciblé sur les armes visant les individus ou entités désignés par le comité. Elle a aussi désigné deux personnes supplémentaires pour des mesures ciblées et ajouté les violations de l’embargo ciblé aux critères de sanctions.

La résolution a suivi l’avancée des Houthis et l’effondrement de la transition politique. Les comptes rendus de l’ONU de l’époque disaient que le Conseil était alarmé par l’escalade militaire et par la détérioration rapide de la situation humanitaire. La mesure était donc une décision prise pendant un conflit actif, et non un constat ultérieur sur un champ de bataille déjà stabilisé.

Les destinataires nommés sont importants. UN News a indiqué que la résolution ajoutait Abdulmalik Al-Houthi et Ahmed Ali Abdullah Saleh à la liste des personnes soumises aux sanctions imposées en vertu de la résolution 2140. La résolution imposait aussi un embargo sur les armes afin d’empêcher toute fourniture, vente ou transfert direct ou indirect à Ali Abdullah Saleh, Abdullah Yahya Al-Hakim, Abd Al-Khaliq Al-Huthi et aux personnes et entités désignées par le comité établi en vertu de la résolution 2140.

Il s’agit d’une restriction juridique ciblée. Ce n’est pas la même chose que d’affirmer que tous les groupes armés yéménites, les organismes publics ou les acteurs civils étaient soumis à un seul et même embargo. Un pays peut être cité dans un régime de sanctions tandis que l’interdiction opérationnelle vise des personnes et entités désignées. La formulation doit être préservée, car c’est elle qui détermine qui faisait face à la barrière formelle.

Le mécanisme intervenait en amont. Les États membres devaient empêcher toute fourniture, vente ou transfert, direct ou indirect, d’armes et de matériel connexe vers les destinataires nommés ou désignés. Un fournisseur devait donc tenir compte du statut du destinataire avant de traiter une transaction comme un commerce ordinaire. La résolution n’avait pas besoin d’identifier un achat annulé pour créer cette barrière d’autorisation.

Elle ne précise pas combien d’armes les personnes ou entités nommées détenaient, si un fournisseur a tenté d’obtenir une licence, ni si l’embargo a modifié les stocks sur le champ de bataille. Elle n’établit pas non plus l’efficacité de l’application de cette restriction pendant la guerre.

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