L’Afghanistan avait des aéronefs. Ce sont des contractants qui les faisaient voler.
L’armée de l’air afghane possédait des aéronefs, mais elle dépendait fortement de contractants étrangers pour la maintenance et le soutien logistique. En janvier 2021, des conseillers américains ont averti que la flotte avait peu de chances de rester apte au combat au-delà de quelques mois après le départ de ces mainteneurs.

Une force aérienne peut posséder des aéronefs et malgré tout perdre sa force aérienne quand le système de maintenance disparaît.
C’était l’avertissement formulé dans l’analyse d’octobre 2021 de Jonathan Schroden pour le Combating Terrorism Center de West Point. L’armée de l’air afghane, ou AAF, dépendait fortement des contractants pour maintenir son matériel. À l’exception de sa flotte d’hélicoptères Mi-17, l’AAF dépendait presque entièrement de la maintenance sous contrat. En janvier 2021, l’organisation militaire américaine qui conseillait l’AAF a estimé qu’aucun de ses aéronefs ne resterait probablement apte au combat plus de quelques mois après le retrait des mainteneurs contractuels.
Le mot qui compte est « disponible ». Un aéronef inscrit à l’inventaire n’est pas nécessairement un aéronef capable d’effectuer une mission. Il lui faut des inspections, des réparations, des pièces de rechange, des dossiers techniques, du carburant, des équipages formés et un système capable d’acheminer chacun de ces éléments vers la bonne base aérienne. L’AAF disposait d’aéronefs et de personnel afghan, mais sa chaîne de maintenance restait liée à des contractants extérieurs et à une logistique étrangère.
L’avertissement a été formulé avant le retrait final. Ce n’était pas un rapport rédigé après l’échec de la flotte. Cette chronologie montre que cette dépendance était connue alors que la transition était encore en cours. La question n’était pas de savoir si les pilotes afghans pouvaient s’installer dans les aéronefs. Elle était de savoir si l’institution qui les entourait pouvait maintenir les aéronefs en état de vol après le départ des personnes qui entretenaient la flotte.
Le récit du CTC situe l’aviation dans une structure de soutien plus large. Au début de 2021, les États-Unis avaient réduit leur présence à environ 2 500 soldats et 11 bases. Le personnel américain continuait de conseiller les ANDSF en matière de stratégie, de supervision institutionnelle, d’aviation, d’opérations spéciales et de fonctions de soutien telles que le commandement et le contrôle, ainsi que la logistique. Il aidait aussi à acheminer rapidement des frappes aériennes vers les unités terrestres afghanes grâce à des systèmes américains de ciblage et de coordination. Ces systèmes n’appartenaient pas aux Afghans simplement parce que des équipages afghans utilisaient les aéronefs.
La logistique rendait le problème aérien plus difficile. Les forces de sécurité afghanes dépendaient de plus en plus de l’AAF pour effectuer des vols logistiques hebdomadaires vers des sites régionaux après que les convois terrestres soient devenus peu fiables. Si l’armée de l’air elle-même manquait de profondeur en matière de maintenance, on lui demandait de porter une partie du fardeau d’approvisionnement de l’ensemble des forces, alors même que sa propre chaîne de soutien était en train d’être retirée. Une plateforme peut donc devenir à la fois une capacité et une dépendance pour l’organisation qui l’entoure.
Le même schéma apparaissait pour le matériel terrestre. En 2020, le personnel afghan a effectué 19 % des réparations de véhicules de l’armée afghane, contre un objectif affiché de 70 à 80 %. Pour la police, le chiffre était de 7 % contre un objectif de 25 à 45 %. Ces chiffres ne mesurent pas la disponibilité des aéronefs, mais ils montrent que la dépendance aux contractants ne se limitait pas à un type d’hélicoptère ou à un seul dépôt de réparation.
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