L’Indonésie comptait 233 chasseurs. Son armée de l’air disait que la moitié étaient cloués au sol faute de pièces détachées américaines.
En décembre 2001, des commandants indonésiens ont déclaré que l’embargo américain avait laissé seulement 40 à 50 % de la flotte de chasse opérationnelle.

Les aéronefs peuvent rester des actifs nationaux tout en devenant indisponibles lorsque la chaîne d’approvisionnement en pièces est contrôlée ailleurs. En décembre 2001, des responsables militaires indonésiens ont indiqué qu’un embargo américain et la pénurie de pièces détachées qui en résultait avaient immobilisé environ la moitié des avions de chasse du pays.
Les archives récupérées du East Timor Action Network conservent un reportage d’Agence France-Presse daté du 4 décembre 2001. Celui-ci citait le chef d’état-major de l’armée de l’air, le maréchal Hanafie Asnan, disant que seuls 40 à 50 % des 233 chasseurs indonésiens étaient opérationnels. Le porte-parole des forces armées, le vice-maréchal de l’air Graito Usodo, a confirmé cette déclaration. Le reportage précisait que les chasseurs d’origine américaine de l’Indonésie comprenaient des F-16, des F-5, des Skyhawk et des OV-10.
Cela ne revient pas à dire que la moitié des F-16 indonésiens étaient cloués au sol. Le dénominateur rapporté était de 233 avions de chasse, et les types américains cités allaient au-delà du F-16. Le dossier rattache le mécanisme aux pièces détachées des F-16, mais le reportage récupéré décrit un ensemble plus large d’appareils. L’article conserve donc le chiffre tel qu’il figure dans le reportage AFP et ne le convertit pas en taux de disponibilité propre aux F-16.
L’affirmation opérationnelle provenait de l’armée indonésienne, et non d’un audit de flotte reproduit dans les archives. Le reportage indiquait que les appareils étaient immobilisés faute de pièces détachées en raison de l’embargo militaire américain. Il ne détaillait ni les pièces concernées, ni les avions par type, ni le retard de maintenance, ni la durée pendant laquelle chaque appareil avait été indisponible. « 40 à 50 % opérationnels » était une estimation officielle rapportée par AFP, et non une série mesurée de disponibilité quotidienne.
Le contexte politique était la violence au Timor oriental après le vote d’indépendance indonésien d’août 1999. AFP rapportait que Washington avait annulé toute coopération militaire après les violences et que des milices soutenues par l’armée avaient commis des meurtres et des destructions. Le reportage citait aussi un commandant américain dans le Pacifique disant qu’une coopération bilatérale complète pourrait reprendre lorsque les réformes de l’armée indonésienne et les mesures de responsabilité auraient mûri.
La position indonésienne citée critiquait ouvertement la mise en œuvre par les États-Unis. Usodo a déclaré que les États-Unis avaient dit à plusieurs reprises que l’embargo serait levé, mais que la mise en œuvre ne correspondait pas à ces assurances, en particulier pour les avions de chasse. Asnan a dit que des responsables américains avaient récemment laissé entendre que l’embargo serait levé, sans tenir cette promesse. Ce sont des déclarations de responsables indonésiens. Elles ne doivent pas être présentées comme une conclusion indépendante sur la politique américaine.
Le reportage consignait aussi une distinction au sein de l’embargo. Usodo a déclaré que les États-Unis avaient levé l’embargo sur les pièces détachées pour les avions de transport en septembre 2000. Selon le reportage, cela n’avait pas rétabli le flux de pièces pour les chasseurs. Un assouplissement partiel pour les avions de transport ne peut donc pas être décrit comme la fin complète de la restriction militaire.
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