Des roquettes frappent Balad. Lockheed a retiré son équipe F-16 d’Irak.
Lockheed Martin a déclaré le 10 mai 2021 qu’elle relocalisait son équipe F-16 basée en Irak après des attaques à la roquette contre la base aérienne de Balad. L’entreprise prévoyait un soutien à distance, mais le dossier ne permet pas de mesurer une quelconque évolution de l’état de disponibilité des appareils.

Les chasseurs sont restés à Balad. Les personnes chargées de les soutenir ont dû partir.
Le 10 mai 2021, Lockheed Martin a indiqué à Reuters qu’elle retirait de la base aérienne de Balad les sous-traitants travaillant sur la maintenance des F-16 irakiens en raison de préoccupations de sécurité. La base, au nord de Bagdad, avait été visée à plusieurs reprises par des roquettes. Reuters a rapporté que trois roquettes l’avaient frappée plus tôt dans le mois et que des attaques ultérieures s’étaient rapprochées des zones où Lockheed opérait.
L’entreprise a présenté ce déplacement comme une décision de sécurité prise en coordination avec le gouvernement américain. « En coordination avec le gouvernement des États-Unis et la sécurité de nos employés comme priorité absolue, Lockheed Martin relocalise son équipe F-16 basée en Irak », a déclaré Lockheed. Il s’agit d’une explication directe de l’entreprise, et non d’un aveu irakien selon lequel ses avions seraient devenus inutilisables.
La distinction compte. L’événement a été une relocalisation du personnel de maintenance, et non un ordre public clouant au sol tous les F-16 irakiens. Reuters a indiqué qu’il n’était pas immédiatement clair combien de sous-traitants travaillaient sur la base ni où ils seraient repositionnés. Une personne au fait du dossier a déclaré que Lockheed mettait en place une équipe à distance pour fournir un soutien virtuel à l’armée de l’air irakienne. Beaucoup de sous-traitants travaillaient déjà à distance pendant une grande partie de 2020, et quelques citoyens américains figuraient parmi ceux qui étaient relocalisés.
Le soutien à distance n’est pas la même chose qu’un détachement de maintenance physique. L’article ne précise pas quelles tâches pouvaient être effectuées à distance, lesquelles exigeaient un accès à un avion, ni si des techniciens irakiens pouvaient reprendre ces tâches. Il appuie donc une conclusion plus étroite : l’environnement de sécurité a perturbé le dispositif de soutien initial et a obligé le sous-traitant à modifier la manière dont l’assistance était fournie.
Balad était un risque connu plutôt qu’un désagrément nouvellement découvert. Reuters a indiqué que des responsables américains estimaient que des milices soutenues par l’Iran avaient mené les attaques à la roquette. Le rapport ajoutait aussi que les États-Unis avaient à plusieurs reprises demandé au gouvernement irakien d’en faire davantage pour y remédier. Il s’agit d’analyses américaines et de positions gouvernementales rapportées. Elles ne doivent pas être présentées comme une constatation judiciaire de la responsabilité de chaque attaque.
Le lien entre l’attaque et la contrainte d’approvisionnement était direct. Lockheed avait du personnel sur une base où les zones d’activité de l’entreprise étaient menacées. L’entreprise ne pouvait pas reléguer la sécurité de ce personnel derrière le calendrier de maintenance du client. Une fois les personnes déplacées, l’Irak a dû compter sur une autre combinaison d’assistance à distance, sur ses propres techniciens et sur tout arrangement ultérieur qui n’est pas documenté dans le rapport cité.
Cela ne signifie pas que l’Irak ne disposait d’aucune capacité de maintenance. Cela ne montre pas non plus que le pays ne pouvait effectuer aucun travail. Les éléments disponibles décrivent une dépendance à un soutien extérieur pour l’ensemble de la gamme de maintenance, mais le rapport de Reuters ne quantifie pas cette dépendance et n’identifie aucune tâche qui aurait été manquée. L’article ne dit pas non plus combien d’appareils se trouvaient à Balad, combien étaient en maintenance, ni si certains étaient indisponibles le 10 mai.
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