Le marché légal des armes en Libye passait par un comité de sanctions
La résolution 1970 a interdit les transferts d’armes en 2011 tout en autorisant des exemptions approuvées par le comité. Le régime a changé au fil du conflit libyen.

Le marché des armes en Libye était fermé par le droit international. Il n’était pas verrouillé sans exceptions.
Le 26 février 2011, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité la résolution 1970 et imposé un embargo à durée indéterminée sur la fourniture d’armes et d’équipements militaires vers la Libye et en provenance de celle-ci. Cette décision faisait suite à la répression des manifestations par le gouvernement et à l’éclatement de violences. L’embargo était obligatoire, et un Comité des sanctions a été créé pour le surveiller.
La première règle était donc simple. Un fournisseur ne pouvait pas traiter la Libye comme un client ordinaire. Les armes et les équipements associés devaient passer par les restrictions internationales, et non simplement par la volonté d’un vendeur et d’un acheteur. L’Union européenne a suivi avec ses propres mesures restrictives le 2 mars 2011, en mettant en œuvre la décision de l’ONU dans son cadre juridique.
Les exceptions étaient tout aussi importantes. La résolution 2009, adoptée le 16 septembre 2011, autorisait des transferts vers le Conseil national de transition libyen, l’autorité alors reconnue comme gouvernement de la Libye, à condition que le Comité des sanctions en soit informé à l’avance et n’émette pas de décision négative dans un délai de cinq jours ouvrables. La résolution couvrait aussi les armes légères, les armes de petit calibre et le matériel connexe exportés temporairement et exclusivement destinés au personnel de l’ONU, aux représentants des médias, aux travailleurs humanitaires et au personnel du développement, là encore sous réserve d’une notification préalable et de l’absence de décision négative.
Ce n’était pas un canal normal de passation de marchés. C’était un processus d’autorisation lié à un test politique. La question n’était pas seulement de savoir ce que la Libye voulait acquérir. Il s’agissait aussi de déterminer quelle autorité libyenne pouvait le recevoir, si le transfert correspondait à une finalité autorisée et si le comité acceptait la notification.
Le système a changé à nouveau en mars 2013. La résolution 2095 a supprimé l’obligation de notification pour les équipements militaires non létaux destinés à une utilisation protectrice humanitaire, ainsi que pour les équipements non létaux, l’assistance technique, l’assistance financière et la formation fournis au gouvernement libyen. La distinction importait. Elle a ouvert certaines formes de soutien sans rouvrir pour autant le marché des armes létales en général.
En août 2014, alors que la violence repartait, la résolution 2174 a durci la procédure. Selon SIPRI, les livraisons d’armes et de matériel connexe à la Libye nécessitaient alors l’approbation préalable du Comité des sanctions. Le dispositif antérieur permettait qu’un transfert soit exécuté en l’absence de décision négative dans un délai de cinq jours ouvrables. La règle ultérieure a inversé la charge. Le silence ne suffisait plus.
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