Les Philippines ont conclu un contrat pour 16 hélicoptères russes. Le risque de sanctions a fait capoter le contrat.
Les Philippines ont annulé un contrat conclu en novembre 2021 pour 16 hélicoptères de transport russes Mi-17 après que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a fait craindre des sanctions occidentales. Manille a ensuite étudié des Chinook américains et demandé le remboursement d’un acompte, tandis que la Russie contestait avoir été formellement notifiée.

Les Philippines ont annulé un contrat d’hélicoptères russes avant même qu’une sanction américaine ne soit annoncée contre Manille. Le risque suffisait.
Le contrat avait été signé en novembre 2021 pour 16 hélicoptères militaires de transport Mi-17. Reuters, reprenant un article de l’Associated Press, en a évalué la valeur à 12,7 milliards de pesos philippins, soit environ 227 millions de dollars. L’agence a indiqué que l’ancien secrétaire à la Défense Delfin Lorenzana avait annoncé l’annulation le 26 juillet 2022, juste avant le départ de l’ancien président Rodrigo Duterte. La décision d’acheter ces appareils avait été approuvée le mois précédent.
Le calendrier comptait. L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie a commencé le 24 février 2022. L’achat ne s’était pas engagé dans un vide de sanctions, et les Philippines avaient d’abord défendu sa poursuite. En juin, toutefois, l’exposition politique et financière liée à l’achat d’équipements russes avait changé. Lorenzana a déclaré à l’AP, dans une formulation reprise par Reuters : « Nous pourrions faire l’objet de sanctions. » Il s’agissait d’un avertissement sur d’éventuelles conséquences, non d’une preuve que les États-Unis avaient déjà sanctionné les Philippines.
Le mécanisme juridique était donc indirect. Aucune source retrouvée pour ce dossier n’atteste d’un refus américain d’exportation vers Manille, d’une décision formelle au titre du CAATSA ou d’une sanction secondaire exécutée. L’acheteur a estimé que le maintien du contrat pouvait l’exposer à des sanctions ou à des difficultés financières connexes et a annulé. Une décision d’acquisition peut être dictée par le coût anticipé d’un refus d’autorisation, même lorsqu’aucun refus officiel n’est encore intervenu.
Les chiffres appellent la prudence. Reuters a rapporté 16 hélicoptères et un équivalent de 227 millions de dollars. Defense News a ensuite décrit le contrat comme valant 322,3 millions de dollars tout en rapportant la confirmation par le ministère philippin de la Défense qu’il formalisait sa résiliation. Reuters a par ailleurs indiqué que Manille cherchait à récupérer 38 millions de dollars, et Defense News a fait état d’un acompte de 48,2 millions de dollars. L’Agence de presse philippine, citée par Al Jazeera, a évalué le paiement à environ 1,9 milliard de pesos, soit à peu près 32 millions de dollars. Ces informations peuvent renvoyer à des taux de change différents, à des étapes de paiement distinctes ou à une comptabilité contractuelle différente. Elles ne peuvent pas être fusionnées discrètement. L’interprétation prudente est qu’un acompte substantiel avait été versé et que son recouvrement restait incertain.
Il existait aussi un désaccord sur le statut du contrat. En octobre 2022, l’ambassadeur de Russie aux Philippines a déclaré que Manille n’avait pas officiellement notifié Moscou et que la production se poursuivait. Le président philippin Ferdinand Marcos Jr a affirmé que l’accord avait déjà été annulé et que Manille espérait récupérer au moins une partie du paiement. Ces positions décrivent un litige en cours sur la notification et l’exécution, pas la preuve que les hélicoptères ont été livrés. Les sources n’établissent pas qu’un seul Mi-17 soit entré en service aux Philippines au titre de ce contrat.
L’annulation a laissé un besoin réel derrière elle. Reuters a rapporté que Manille examinait des Chinook CH-47F américains pour des missions de transport lourd. L’ambassadeur Jose Manuel Romualdez a déclaré que l’accord américain proposé pourrait couvrir la maintenance, le service et les pièces, et que les appareils remplaceraient des équipements existants utilisés pour le transport des troupes et la préparation aux catastrophes. Il s’agissait d’une discussion sur un remplacement, non d’un achat de Chinook finalisé. Al Jazeera a ensuite rapporté la déclaration de Marcos selon laquelle un approvisionnement américain de remplacement avait été obtenu, mais sans identifier de contrat signé ni de calendrier de livraison.
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