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L’Allemagne a retardé le projet turc de 40 Eurofighter

La Turquie a ouvert des discussions avec le Royaume-Uni et l’Espagne en novembre 2023, mais le consortium Eurofighter comprenait l’Allemagne, dont l’opposition empêchait le projet d’avancer. Berlin a ensuite autorisé la livraison en juillet 2025, tandis que Londres indiquait que les négociations finales se poursuivaient.

ÉtatTurquie
SystèmeAcquisition d’Eurofighter Typhoon
Mécanismecontrainte d’acquisition et d’autorisation
Entrepôt sécurisé en Turquie montrant des équipements liés à l’acquisition d’Eurofighter Typhoon et une scène de chaîne d’approvisionnement sobre.
Reconstitution représentative de l’acquisition d’Eurofighter Typhoon en Turquie, illustrant le veto politique d’un membre du consortium.

La Turquie pouvait demander 40 Eurofighter Typhoon au Royaume-Uni et à l’Espagne. Elle ne pouvait pas parvenir à la vente sans l’Allemagne.

Le 16 novembre 2023, le ministre turc de la Défense Yasar Guler a déclaré devant une commission parlementaire qu’Ankara discutait de l’appareil avec Londres et Madrid. Reuters a rapporté que l’Allemagne s’opposait au projet. Guler a dit : « Le Royaume-Uni et l’Espagne s’efforcent maintenant de convaincre l’Allemagne », ajoutant que la Turquie ne discutait pas avec Berlin à ce moment-là. Cette précision était importante. La Turquie discutait d’un achat, elle n’en annonçait pas un.

Le compte rendu de novembre n’établissait ni prix, ni contrat, ni licence d’exportation, ni calendrier de livraison, ni décision finale. Il n’établissait pas non plus que la Turquie avait perdu une capacité opérationnelle. La conclusion défendable est plus étroite. Un membre du consortium s’opposait à la vente envisagée et deux autres membres tentaient de faire évoluer cette position.

Il s’agissait d’une véritable contrainte d’acquisition, pas d’un veto achevé. Un gouvernement peut avoir un besoin, un industriel prêt à vendre et plusieurs partenaires favorables, tout en attendant le partenaire dont l’accord est nécessaire. L’appareil reste une capacité envisagée tant que ces étapes politiques et juridiques ne sont pas franchies.

Cette question s’inscrivait à côté d’un autre besoin turc en matière d’avions de combat. Reuters rappelait qu’Ankara cherchait aussi des F-16 américains et que cette commande avait été retardée. Cela ne fait pas de l’Eurofighter un substitut à la demande de F-16, et les sources ne mesurent pas l’effet de l’un ou l’autre retard sur les forces turques. Cela montre toutefois pourquoi le calendrier d’un achat encore hypothétique comptait pour Ankara.

En juillet 2025, Reuters a rapporté que le Royaume-Uni et la Turquie avaient signé un accord préliminaire permettant à Ankara d’exploiter les avions et que l’Allemagne avait approuvé la livraison de 40 appareils. Un porte-parole du gouvernement allemand a confirmé que son ministère de la Défense avait envoyé une confirmation écrite de l’autorisation d’exporter. Londres a indiqué que les négociations sur la vente définitive se poursuivraient. Pour Guler, ces accords rapprochaient d’un accord global, ils ne constituaient pas la livraison d’un appareil.

L’article de 2025 évoquait aussi plusieurs options pour la composition de l’acquisition envisagée, alors que la quantité annoncée restait de 40 appareils. C’est une raison supplémentaire de ne pas présenter le dossier comme une commande de flotte arrêtée. Le nombre lié au projet était assez stable pour être rapporté, mais l’arrangement commercial et technique final restait négocié.

L’évolution ultérieure n’efface pas la contrainte de 2023. Elle en précise les limites. L’opposition allemande n’était pas une interdiction irréversible, et le premier article ne justifiait pas d’affirmer que la Turquie ne recevrait jamais d’Eurofighter. Il montrait que la structure du consortium donnait à un partenaire un levier sur une vente envisagée. Ce levier a ensuite été utilisé autrement.

L’organisation du consortium explique aussi pourquoi le récit de 2023 nommait Londres et Madrid tout en se concentrant sur Berlin. BAE Systems représentait le Royaume-Uni, Airbus l’Allemagne et l’Espagne, et Leonardo l’Italie dans le groupe industriel décrit par Reuters par la suite. Les entreprises pouvaient travailler sur une proposition, mais les gouvernements nationaux conservaient les décisions d’exportation déterminantes. La volonté d’un constructeur de vendre ne valait pas autorisation gouvernementale d’exporter.

Il faut aussi distinguer l’autorisation de la possession. Le changement de position allemand ouvrait une voie d’acquisition. Il ne prouvait pas, à lui seul, que toutes les conditions contractuelles étaient réglées, que la production avait commencé ou qu’un pilote turc avait reçu un Eurofighter. L’article de 2025 indiquait expressément que les négociations finales continuaient.

Le projet turc a donc traversé trois étapes : un achat envisagé auquel l’Allemagne s’opposait en 2023, une évolution technique et administrative après le changement de position allemand en 2024, puis une autorisation d’exportation et des accords préliminaires en 2025. Le point de passage initial était réel. Il était aussi temporaire. Un avion multinational peut être proposé par un partenaire, discuté avec deux autres et attendre encore une quatrième capitale.

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